En savoir plus sur les fascias


LE FASCIA

Fascias au microscope – photos Dr Jean Claude Guimberteau


Qu’est ce que c’est ?

Le fascia est un tissu conjonctif fibreux et élastique qui enveloppe tous les muscles, tendons, os, moelle épinière, vaisseaux, nerfs, organes.

A titre d’exemple : poumons, cœur, cerveau, viscères sont ainsi recouverts de 4 grands fascias : la plèvre, le péricarde, les méninges, le péritoine.


Quels rôles ont les fascias dans notre corps?

  • Les fascias maintiennent les organes.
  • Apportent la stabilité articulaire (le fascia fixe ligaments /tendons à la structure osseuse
  • S’adaptent aux contraintes (plus il est sous tension plus il se rigidifie)
  • Permettent le mouvement (présent entre chaque muscle ils forment des plans de glissement et permettent ainsi au muscles de bouger/de coulisser les uns par rapport aux autres)
  • Amortissent les chocs physiques (chute …):
  • Drainage des liquides organiques (sang, lymphe) : exemples de prise en charge en fasciathérapie (cliquer sur le lien)
  • Transmettent les tensions : c’est là que la santé du fascia prend tout son sens : omniprésent dans le corps ils forment des chaines faciales. Si une partie de cette chaine est lésée on retrouve alors des dysfonctionnements à distance de la lésion.
  • Ils jouent également un rôle déterminant dans la douleur, la perception du corps, ainsi que dans des phénomènes physiologiques comme l’inflammation et la cicatrisation.


Quelles sont les propriétés du fascia ?

Les fascias revêtent un rôle essentiel pour le fonctionnement du corps. Ils sont prépondérants pour le mouvement, pour l’équilibre, pour le ressenti de la douleur…

  • Des tissus interconnectés

Les fascias forment un squelette intérieur, souple et élastique, souvent comparé à une « toile d’araignée en 3D » qui relie toutes les parties du corps. Les travaux de recherche du professeur Carla Stecco, chirurgien orthopédiste confirment cette continuité fasciale et son rôle connectif, en particulier entre muscles, nerfs et vaisseaux sanguins. cette continuité tissulaire permet de comprendre pourquoi un problème localisé dans une partie du corps humain peut avoir des répercussions dans une tout autre région.


Si la sensibilité du fascia a pu poser question par le passé, il est maintenant démontré qu’il possède des capacités sensitives riches. On retrouve dans le fascia de nombreux capteurs sensoriels qui nous permettent de ressentir la douleur, la faim, le mouvement …


  • Organe de proprioception

La proprioception est la capacité à s’oriente par rapport à l’environnement. Notre corps contient beaucoup de capteurs proprioceptifs, sensibles à divers éléments et qui nous permettent d’adapter nos mouvements, nos postures, notre équilibre … Ces capteurs proprioceptifs sont répartis dans les fascias.

  • Organe d’interoception

Les mécanismes d’interoception nous permettent de ressentir tout ce qui se passe à l’intérieur de soi : la faim, la soif, la température … comme pour la proprioception, ces capteurs se situent dans les fascias.

  • Organe de la douleur

Les fascias sont connectés au système nerveux et comportent de très nombreuses terminaisons libres. Les dernières recherches démontrent que le fascia est plus sensible à la douleur que le muscle ou la peau, ce qui fait donc d’eux d’excellents capteurs de douleurs.

Ainsi toutes crispations et/ou adhérences du fascia peuvent engendrer des douleurs physiques aiguës ou chroniques.


Qu’est ce qui altère les fascias ?

Les traumatismes physiques (chutes, accidents…), le manque d’activité physique, le stress, les chocs émotionnels intenses, les opérations chirurgicales modifient la structure des fascias et altèrent leurs fonctions.

Par exemple, chez les personnes subissant un stress intense, les fascias libèrent une substance (la substance P) qui aggrave le ressenti douloureux et la crispation des fascias.


Un fascia qui va bien est un fascia : souple, élastique, mobile, coulissant.

Un fascia qui est déficitaire est un tissu qui a subi un traumatisme ou qui n’est pas assez en mouvement (sédentarité, activité physique insuffisante …) : il se crispe, se rétracte, s’épaissit et la fonction des autres organes auxquels il est associés est altérée.

Ces rétractions sont normalement réversibles, mais il est fréquent que ces micro-crispations s’accumulent. Non corrigées, elles emprunteront durablement les tissus. Ces mémoires traumatiques évolueront de manière silencieuse et pourront se manifester des années après par des dysfonctionnements ou des pathologies apparaissant dans des zones, parfois très éloignées du traumatisme initial.